C’est un courrier de trois paragraphes qu’Alexis Thambwe Mwamba a adressé ce matin du vendredi 05 février 2021 au Président du Bureau d’âge du Sénat avec pour objet « transmission des éléments de réponse à la pétition du 02/02/2021 adressée contre le Président » qui traduit l’impuissance de l’homme et dit tout entre les lignes.
« Honorable Président, Veuillez trouver en annexe, les réponses destinées aux collègues sénateurs à la suite de la pétition qui m’a été adressée. Je vous prie, conformément aux règlements de notre maison, de bien vouloir autoriser la lecture d cette note » écrit dépité Thambwe Mwamba.
Plutôt que subir une humiliation de sa destitution lors de la séance plénière convoquée ce vendredi 05 février 2021, l’ancien « puissant » ministre de la Justice et Garde des Sceaux de Kabila a préféré prendre le devant en démissionnant comme le reste de son Bureau.
« Au regard de ce qui vient d’être développé, la conclusion à titre principal est l’irrégularité de la procédure initiée en violation de la Constitution et du Règlement intérieur. Quant au fond, je ne vois aucun grief qui peut être retenu à ma charge. Ceci dit, considérant d’une part que la confiance n’existe plus entre un groupe des sénateurs et moi-même, et d’autre part, l’installation d’un Bureau d’âge désormais opérationnel, je vous remets ma démission en tant que Président du Sénat », lit-on dans sa correspondance adressée au Bureau d’âge.
« Ainsi, pourrait-il dans les jours à venir répondre sereinement aux multiples convocation de la justice après la levée de ses immunités parlementaires par la nouvelle majorité Union Sacrée de la Nation » commente sous anonymat un sénateur PPRD ayant traversé de camps. « Trop de mal à été à ce pays par l’arrogance des individus qui se croyaient tout permis en humiliant publiquement le Président de la République Félix Tshisekedi, chose qui n’avait jamais été osé du temps de Kabila. Le temps est venu pour que dans la sérénité, le politique que nous sommes retrouve sa dignité et travaille pour le bien commun que celui d’un autre individu comme dans un passé récent » enchaîne un autre sénateur membre de l’ancienne opposition
Après les démissions des Sénateurs Éric Rubuye Akizimwami et Prince Kaumba Lufunda, respectivement Questeur et Rapporteur du Bureau du Sénat qui ont rendu leurs tabliers, c’est au total 6 de 7 membres du Bureau du Sénat visés par des pétitions de déchéance ont démissionnés en attendant la réaction du 1er Vice-président Samy Badibanga Ntita ; sûrement dans la journée.
La fin de la séance plénière de ce jour a été proclamée par le président du Bureau d’âge avec le rejet de la motion contre Samy Badibanga par les sénateurs PPRD absents de la salle.
Lire aussi : RDC : Deux nouvelles démissions au Bureau du Sénat, Thambwe Mwamba davantage fragilisé https://www.afriwave.com/2021/02/05/rdc-deux-nouvelles-demissions-au-bureau-du-senat-thambwe-mwamba-davantage-fragilise/
Avec cette déconfiture du Bureau du Sénat issus du PPRD, c’est vers la fin du détricotage de l’arrogance du Front Commun pour le Congo (FCC) jadis tout puissant. « Pris par l’engrenage de l’union sacrée de Félix Tshisekedi, les membres du Sénat se sentent déjà condamnés par le vent de la tempête politique du moment, et qui a déjà décimé le Bureau Mabunda à l’Assemblée nationale et Sylvestre Ilunga Ilunkamba à la tête du Gouvernement » commente notre confrère infocongo.net ce matin (https://infocongo.net/2021/02/05/senat-lensemble-du-bureau-demissionne/ ).
ARGUMENTAIRE CONTRE LA MOTION DE DECHEANCE
Chers collègues sénateurs,
J’ai bien reçu le document intitulé « Pétition en vue de votre déchéance ».
Avant d’aborder le fond, j’aimerais m’appesantir sur la procédure suivie qui viole manifestement la Constitution et le Règlement intérieur de notre chambre.
Le Sénat, vu sous son aspect de l’assemblée plénière, ne fonctionne que lors des sessions tant ordinaires qu’extraordinaires.
Les sessions ordinaires se tiennent du 15 mars au 15 juin et du 15 septembre au 15 décembre (articles 115 Constitution et 82 Règlement intérieur). Elles examinent les matières inscrites au début et au cours de chaque session. Elles embrassent aussi bien la production législative que le contrôle parlementaire, en ce compris le contrôle des actions du Bureau. Les matières restées en suspens sont reportées à la session qui suit dont elles constituent les arriérés.
Il y a d’abord la session extraordinaire inaugurale prévue aux articles 114 de la Constitution et 81 du Règlement intérieur. La séance d’ouverture est présidée par le Secrétaire Général de l’Administration. Elle a pour objet l’installation du Bureau provisoire présidé par le doyen d’âge, la validation des pouvoirs des élus, l’élection et l’installation du Bureau définitif, l’élaboration et adoption du Règlement intérieur. La session prend fin à l’épuisement de l’ordre du jour.
Il y a ensuite la session extraordinaire convoquée sur un ordre du jour déterminé prévue par les articles 116 de la Constitution et 83 du Règlement intérieur. Elle examine les matières pour lesquelles la session a été convoquée. Sa durée ne peut dépasser trente jours ; et les matières restées en suspens sont examinées en session ordinaire qui suit (art. 83 RI).
Contrairement au calendrier de la session ordinaire qui est ouvert, car destiné à recevoir à tout moment de la session les initiatives législatives et celles du contrôle parlementaire selon les articles 130 et 138 de la Constitution et 127, 128 et 155 et suivants du Règlement intérieur, celui de la session extraordinaire, inaugurale ou non, est fermé et ne comprend que les matières inscrites dans l’acte de convocation. Tout ajout est une entorse à la Constitution et au Règlement intérieur, car attentatoire à l’immutabilité consacrée par la Constitution et le Règlement intérieur.
La motion de déchéance relève du contrôle parlementaire, même lorsqu’elle vise les membres du bureau. Elle ne s’exerce que pendant la session soit ordinaire, soit extraordinaire, et pour cette dernière, dans la mesure où la motion est contenue dans l’ordre du jour préétabli de la session.
C’est en vain que l’on soutient que la motion a priorité sur le débat. Cela revient à confondre la motion en tant qu’incident de procédure et la motion en tant que mécanisme de mise en cause de la responsabilité.
Seule la motion, incident de procédure, a priorité sur le fond. La motion, mécanisme de mise en cause de la responsabilité, relève du contrôle parlementaire comme expliqué ci-dessus.
Son exercice en dehors de ce cadre, par une plénière présidée par le Secrétaire Général de l’Administration ou par le doyen d’âge viole les dispositions pertinentes de la Constitution ainsi que celles du Règlement intérieur.
L’article 28 du Règlement intérieur fait état d’une plénière présidée par le doyen d’âge. Cette plénière se tient pendant la session et non pendant les vacances parlementaires. Point n’est besoin de rappeler que la session extraordinaire a été clôturée le mardi 2 février 2021.
J’invite ainsi les honorables Sénateurs à un sursaut de patriotisme pour faire respecter tant la Constitution que le Règlement intérieur.
Plusieurs griefs sont articulés sous l’intitulé « Relations exécrables avec les autres institutions de la République ».
Ils se fondent sur les faits ci-après :
J’ai eu l’occasion d’en parler de vive voix au Président de la République lors de l’audience qu’il avait accordée sur cette question à ma collègue de l’assemblée nationale et à moi-même.
Assister à la prestation de serment s’analysant à cautionner l’entorse à la Constitution et à la loi organique, j’ai décliné l’invitation à me rendre à cette cérémonie.
Comme au point 1, je n’ai pas accusé le Président d’avoir violé la Constitution ; il n’y a aucune instance que j’ai saisie pour ce faire.
Sauf dans un régime à pensée unique, une telle prise de position ne peut entraîner l’anathème.
Le Président du Sénat représente l’institution vis-à-vis des tiers. Il n’a pas besoin de consulter la Conférence des présidents ou la Plénière pour ce faire. Aucun texte ne le contraint pour le faire.
Par ailleurs, en déclinant l’invitation, je n’ai invité aucun sénateur à se joindre à moi.
Au regard de ce qui vient d’être développé, la conclusion à titre principal est l’irrégularité de la procédure initiée en violation de la Constitution et du Règlement intérieur.
Quant au fond, je ne vois aucun grief qui peut être retenu à ma charge.
Ceci dit, considérant d’une part que la confiance n’existe plus entre un groupe des sénateurs et moi-même, et d’autre part, l’installation d’un Bureau d’âge désormais opérationnel, je vous remets ma démission en tant que Président du Sénat.
Du reste, je souhaite bonne chance à notre Chambre.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo ;
Et que vive la Constitution.
Kinshasa, le 05 février 2021
Alexis THAMBWE-MWAMBA
Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi
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