vendredi, avril 4, 2025
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Entre Vie passée et privée, Paul Kagame « victime » de ses propres turpitudes

C’était peut-être une interview de trop que celui accordée par Paul Kagame à l’influenceur sur X (ex-Twitter) et podcaster Mario Nawfal et qui un temps a fait son buzz sur les réseaux sociaux. Entre « vie passée et privée » et des « responsabilités » à la tête de l’Etat, le dictateur rwandais n’est-il pas aujourd’hui victime de ses propres turpitudes ?

Tenez. Alors que le monde entier a fini par ouvrir les yeux pour voir que l’ancien chef rebelle arrivé au pouvoir après avoir provoqué le « génocide » rwandais sur le sang des deux présidents hutu assassinés le 06 avril 1994, Juvénal Habyarimana du Rwanda et Sylvestre Ntaryamira du Burundi ; Paul Kagame n’a jamais été l’homme qu’il veut montrer.

Nul n’est sans ignorer que Kagame reste l’élément moteur du désordre que connait la région des Grands Lacs avec la déstabilisation de l’Est du géant voisin, la RD Congo depuis 30 ans. L’argument fallacieux de sécurité intérieure du Rwanda face aux prétendus « génocidaires interahamwe en kinyarwanda personnes qui s’entendent fort bien » aujourd’hui battu en brèche par la diplomatie agressive congolaise sous Félix Tshisekedi, tout le monde sait que son objectif demeure sa mainmise sur les innombrables richesses des deux provinces voisines du Nord-Kivu et Sud-Kivu qu’il pille pour lui et les digitaires de son régime.

Alors que les sanctions internationales vont bientôt asphyxier son pays pendant que son ministre des Affaires Etrangères, Olivier Nduhungirehe tente de défendre malencontreusement les positions de Kigali ; c’est le moment choisi par Kagame de perdre sa tête. Descendant dans la boue puante des caniveaux, avec son « ego » surdimensionné pourtant entaché de sang des congolais comme des rwandais ; il pensait se moquer du Chef de l’Etat Congolais Félix Tshisekedi, le qualifiant d’ancien « vendeur de pizzas à Bruxelles ».

Avant même que les Congolais ne réagissent, c’est la twittosphère rwandaise qui a dégainé des salves des répliques cinglantes et parfois croustillantes. Le premier d’entre ses compatriotes très suivi sur X est Simon Pierre Gahamanyi tel un archer ajustant sa flèche avec précision, a décoché une question qui a frappé Kagame en plein cœur : « Paul Kagame pense-t-il vraiment avoir eu un passé glorieux ? » en poursuivant « Pendant que vous vendiez des œufs dans les rues de Kampala, quel métier votre femme jeannette occupait-elle à l’Eden Garden ? Elle n’était pas serveuse ? ». Il n’en est pas resté là : « Racontez-nous comment l’un des ministres d’Habyarimana a donné à Jeanette son premier-né ? Kagame, tu oublies beaucoup des choses ! ».

Joseph Nzirorera, parce que c’est bien de lui qu’il s’agit ; père du premier-né de Jeannette, a été à tort accusé de génocide. Sûrement ressentant profondément cette douleur, Kagame s’est vengé de lui probablement. Chose grave, par peur de Kagame et dans une douleur indescriptible ; Jeannette n’a même pas pu sauver le père de son fils.

Agé de 59 ans et Secrétaire Général du Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement (MRND), jugé pour génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), il était brutalement décédé le 1er juillet 2010 à Arusha en Tanzanie « des suites de la soudaine complication d’une longue maladie » selon un communiqué de presse publié par le TPIR.

La leçon ici n’est-elle pas claire : avant de se moquer des autres, il vaut mieux balayer devant sa propre porte. Kagame, le maître des intrigues, se retrouve ainsi pris dans le piège de son propre passé ; qui tel une ombre, finit toujours par rattraper celui qui s’en moque trop fort. Comme quoi « L’arrogance de l’homme vieillissant de Kigali se retourne contre lui, et cette fois ; la flèche est bien plantée profondément dans le cœur du roi bientôt déchu » note un internaute.

Un autre rwandais, Murenzi Abdallaziz @MAbdallaziz· 12 mars se demande via un compte certifié : « Before becoming President of Rwanda, what was his previous job ? Avant de devenir président du Rwanda, quelle était sa fonction précédente? ».

Un troisième compatriote au dictateur rwandais sur un autre compte certifié Nyamuhombeza Ombe @Nyamuhombeza ajoute cette réflexion importante au titre bien évocateur : « #PAUL_KAGAME : UNE POLITIQUE QUI MET EN PÉRIL L’AVENIR DU #RWANDA :

« Paul Kagame, à travers son obsession expansionniste en République Démocratique du Congo, n’aggrave pas seulement les tensions ethniques, il met aussi en péril l’avenir des Tutsis dans toute la région des Grands Lacs. Son rêve d’annexer l’Est du Congo, au mépris des frontières internationales et de la souveraineté congolaise, est une entreprise destructrice dont les conséquences dépasseront largement sa propre existence.

Un Homme Contre le Temps : Kagame n’est pas éternel

Paul Kagame a 67 ans en 2025, ce qui correspond exactement à l’espérance de vie moyenne pour un homme rwandais. Autrement dit, son temps est compté. Mais au lieu de préparer un avenir stable pour son peuple, il alimente une guerre qui risque de laisser les Tutsis en danger après son départ.

 • Il a passé des décennies à attiser la haine ethnique entre les Hutus et les Tutsis au Rwanda.

 • Il a exporté cette tension en RDC, où les Tutsis congolais sont aujourd’hui perçus comme des complices de l’agression rwandaise.

 • Il a détruit toute chance de réconciliation avec le Burundi et la RDC, laissant son pays isolé diplomatiquement.

Lorsqu’il ne sera plus là pour protéger son régime, qui défendra les Tutsis au Rwanda et en RDC face aux rancœurs qu’il aura exacerbées ?

L’illusion d’un Grand Rwanda : Une Bombe à Retardement

Kagame rêve de grands projets et d’un Rwanda puissant, mais il oublie une vérité fondamentale : on ne construit pas un État prospère en marchant sur les cadavres de ses voisins.

 • L’illusion d’annexer l’Est du Congo n’apportera pas la stabilité, mais un chaos permanent.

 • Créer un protectorat sur le Kivu ne fera qu’encourager la montée de sentiments nationalistes et anti-Tutsis, comme on l’a vu avec la montée des milices d’autodéfense en RDC.

 • Le Rwanda ne pourra pas éternellement vivre sous un régime basé sur la force brute, car l’histoire prouve que les dictatures finissent toujours par s’effondrer sous le poids de leurs propres contradictions.

Oui, Kagame a construit des routes et des infrastructures au Rwanda. Mais est-ce suffisant pour garantir son héritage ?

L’Histoire des Dictateurs : De Kadhafi à Kagame, Une Fin Inévitable

L’histoire nous enseigne que les dictateurs peuvent bâtir des empires, mais qu’ils laissent derrière eux des ruines. Prenons l’exemple de Mouammar Kadhafi en Libye :

 • Il a transformé le désert libyen en villes modernes.

 • Il a investi massivement dans les infrastructures et l’éducation.

 • Mais il a échoué à réconcilier les factions internes, notamment entre Sunnites et Chiites.

 • Lorsque la crise est arrivée, tout ce qu’il avait bâti est parti en fumée. Aujourd’hui, la Libye est en ruine, livrée aux milices et aux guerres tribales.

Kagame suit le même chemin :

 • Il croit que les armes et la force suffisent à garantir son pouvoir.

 • Il pense que l’expansion militaire du Rwanda est un projet viable à long terme.

 • Mais il oublie que chaque guerre qu’il lance nourrit une résistance encore plus grande.

Si Kadhafi n’a pas su voir venir sa chute, Kagame semble aussi aveuglé par son propre pouvoir.

« Might is Right » ? Non, « Right is Might » (« La force est le droit ? » Non, « Le droit, c’est la force »)

Kagame croit au principe de « la force fait le droit », mais il oublie que pour les Congolais qui voient leur pays envahi, « le droit est aussi une force ».

 • Les Congolais sont en train de se mobiliser, et l’histoire a prouvé que les peuples finissent toujours par renverser ceux qui les oppriment.

 • La guerre est facile à commencer, mais très difficile à arrêter.

 • Le Rwanda, encerclé par des voisins méfiants, risque de devenir une nation assiégée après Kagame.

Quel Héritage pour Paul Kagame ?

Il a construit des routes, mais le ressentiment qu’il a semé pourrait tout réduire en poussière après son départ. Il n’a pas résolu la question des FDLR, il n’a pas permis aux trois millions de Hutus exilés de rentrer au pays, et il a divisé la région plus que jamais.

À sa mort, que restera-t-il ?

 • Un Rwanda isolé diplomatiquement.

 • Un peuple divisé et menacé.

 • Une guerre qui risque de le rattraper même après sa disparition.

Comme Kadhafi avant lui, Paul Kagame pourrait voir son empire s’effondrer du jour au lendemain. Car les dictateurs croient toujours être invincibles… jusqu’au moment où ils tombent ».

Toute chose restant égale par ailleurs et comme on dit, mieux vaut toujours se regarder deux fois avant de verser dans les turpitudes au risque de se voir rattrapé soi-même. Paul Kagame en faisant sa propre victime expiatoire dans ce cas.

Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi pour afriwave.com

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