À la lecture des propos émis par quelques personnes concernant l’actuel procès des officiers supérieurs des FARDC et de la Police Nationale Congolaise (PNC) devant la Haute Cour Militaire, il convient de rétablir certaines vérités fondamentales concernant la justice militaire et la notion de trahison en temps de guerre.
La désertion face à l’ennemi constitue une faute militaire absolue, non relative. Les arguments avancés par quelques individus témoignent d’une méconnaissance profonde des principes militaires et du code de justice militaire congolais.
Premièrement, la désertion en présence de l’ennemi n’est pas une simple question de choix tactique. C’est un acte qui compromet l’intégrité de toute la chaîne de commandement et met en danger la vie des soldats et des civils sous protection. Lorsque des officiers supérieurs abandonnent leurs positions à Goma pour se réfugier à Kinshasa, ils ne procèdent pas à un « repli stratégique » mais à un abandon de poste caractérisé.
Fait aggravant et particulièrement accablant, ces officiers ont abandonné sur le théâtre des opérations des armes d’appoint et munitions, des charrois automobiles et autres équipements estimés à plusieurs millions de dollars ; constituant des pertes énormes pour l’armée et la Nation. Ces abandons s’apparentent à un véritable cadeau camouflé en faveur de l’ennemi, renforçant ses capacités opérationnelles au détriment direct de la sécurité nationale.
Plus grave encore, ces officiers supérieurs ont abandonné sans ordre précis des soldats d’une combativité extrême, des farouches guerriers qui se sont retrouvés sans ressources, ni appui ou approvisionnement. Ces hommes ont tenu tête à l’ennemi le temps de voir tous leurs efforts s’envoler face à l’appui de la Force Spéciale de la Rwanda Defence Force (RDF) ; l’armée rwandaise. Cette résistance héroïque, qui sera inscrite dans les annales de l’histoire de la République, a été trahie par ceux-là mêmes qui devaient la commander et la soutenir.
Il est particulièrement révoltant de lire certains commentaires qualifiant ce procès « d’humiliation » et suggérant que fuir pour « sauver sa peau » serait acceptable pour un officier supérieur. Ce double langage est inacceptable et révèle une méconnaissance profonde des principes militaires fondamentaux. L’honneur militaire n’est pas négociable, et la vie d’un officier ne saurait primer sur sa mission de défense nationale.
Les allégations concernant les disparités salariales et les conditions de service, bien que méritant discussion dans d’autres contextes, ne constituent en aucun cas des justifications valables pour l’abandon de poste face à l’ennemi. Contrairement aux affirmations sans fondement, les militaires envoyés au front sont correctement équipés. Et nous pouvons le témoigner car nous savons de quoi nous parlons avec notre présence sur terrain. Ce n’est pas un prétendu manque de moyens qui explique ces désertions, mais bien l’affairisme de certains officiers qui détournent les ressources à des fins personnelles.
Les insinuations de tribalisme sont particulièrement malveillantes et infondées. Elles visent à diviser l’armée nationale selon des lignes ethniques, ce qui constitue une manœuvre dangereuse servant les intérêts de l’ennemi surtout en cette période. L’origine ethnique des officiers n’a jamais été un critère dans l’affectation des troupes ou l’attribution des équipements. Ces accusations ne reposent sur aucun fait vérifiable et relèvent de la pure désinformation.
Suggérer que ce procès pourrait encourager les militaires à « déserter ou rejoindre le M23 » est non seulement faux, mais constitue une incitation à la trahison qui devrait être examinée par les autorités compétentes. Au contraire, l’application stricte de la justice militaire renforce la cohésion des troupes en éliminant les éléments défaillants et en réaffirmant les valeurs fondamentales de l’institution militaire.
Contrairement à ce que suggèrent certaines personnes, ces officiers avaient l’obligation de tenir leurs positions ou, à défaut, de mourir en les défendant. L’engagement militaire exige ce sacrifice ultime. La devise « Vaincre ou mourir » n’est pas une figure de rhétorique mais une réalité opérationnelle. L’argument selon lequel les accusés « ne pouvaient pas bénéficier de renforts » relève d’une excuse inacceptable. Un officier supérieur doit anticiper les besoins logistiques et opérationnels de sa mission. S’il ne peut obtenir de renforts, il doit adapter sa stratégie avec les moyens disponibles, pas abandonner sa mission.
Quant à la comparaison avec les responsabilités de la hiérarchie à Kinshasa, elle constitue une diversion. La responsabilité pénale est personnelle. Le fait que d’autres personnes puissent également être coupables ne diminue en rien la gravité des actes commis par les accusés. La justice militaire poursuit les infractions avérées, sans considération de rang.
L’argument final concernant la démotivation que pourrait entraîner une condamnation sévère est particulièrement fallacieux. C’est précisément l’impunité qui mine le moral des troupes, pas la juste application du droit. Les soldats qui risquent leur vie au front ont besoin de savoir que leurs supérieurs sont tenus aux mêmes standards d’honneur et de courage.
La peine capitale dans le contexte militaire sert de rappel constant de la gravité absolue de certains actes. Elle n’est pas un simple châtiment, mais un message envoyé à l’ensemble des forces armées : la Nation ne transige pas avec ceux qui l’abandonnent face à l’ennemi.
La PATRIE attend de ses officiers qu’ils défendent ses intérêts jusqu’au sacrifice ultime. Cette exigence n’est pas négociable et ne saurait être relativisée par des considérations tactiques ou des circonstances atténuantes. La trahison militaire est toujours absolue, jamais relative. Qu’on se le dise !
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