jeudi, avril 3, 2025
AccueilRégionsPolitiqueRD-Congo : Une guerre sans commandement structuré

RD-Congo : Une guerre sans commandement structuré [OPINION]

Par Dominique Xavio Tshimanga

Lorsqu’un pays est en plein conflit, le changement ou le limogeage d’un Chef d’Etat-major Général est conditionné à un critère sine qua non, à savoir :

Le Chef d’Etat-major Général en fonction doit avoir accusé des faiblesses et limites sur terrain ou commis un acte de trahison. En ce moment, le choix du remplaçant doit se faire sur sa capacité d’apporter une solution immédiate selon qu’il doit avoir fait des propositions concrètes au Commandant suprême et au ministre de la Défense.

Le Lieutenant-Général, ce grade que tout le monde peut ramasser aujourd’hui, Jules BANZA MWILAMBWE est nommé Chef d’État-Major Général depuis le 06 février 2025 pendant que l’ennemi annonçait déjà son intention de prendre la ville de Bukavu. Il devait en fonction de ce qui est évoqué ci-haut, être un homme-solution pour empêcher la chute de Bukavu avec un nouveau commandement basé sur des nouvelles stratégies.

Malheureusement, deux mois depuis sa prise de fonction, l’homme vadrouille et n’a pas encore trouvé nécessaire de se rendre aux fronts, alors que plusieurs possibilités s’y offrent pour remonter ne serait-ce que le moral des unités combattantes et apporter son expertise afin de tenir l’ennemi en échec. C’est son droit d’avoir choisi d’aller à Kalemie qui reste jusqu’à ce jour la grande porte d’entrée des matériels et équipements militaires achetés pour les FARDC.

Dans l’entre-temps, des bruits courent sur une éventuelle rencontre, le mois prochain, entre les présidents Felix-Antoine Tshisekedi et Donald Trump aux États-Unis alors que le traitement réservé par Donald Trump à Volodymyr Zelensky, pour les mêmes raisons du voyage de Félix Tshisekedi, ne se sont résumés qu’en une humiliation publique, devant les médias et transmise en direct sur toutes les grandes chaînes de télévision du monde entier.

Il faut aussi retenir que Donald Trump n’est pas dans la logique de construire ou de reprendre les bases militaires américaines en Afrique ou dans le monde.

Sa conception de coopération avec les autres est que chaque pays doit assurer sa propre sécurité et sa propre défense en fonction du climat d’affaires avec les États-Unis d’Amérique. Il ne sera plus question de la charité ni de l’argent jeté par la fenêtre comme il en accuse toujours son prédécesseur.

Quel discours Félix Tshisekedi tiendra face à son interlocuteur de America first et un véritable homme d’affaire car le gagnant-gagnant et le win-win à 50% pour chaque partie n’ont pas montré leur efficacité, un concept que les occidentaux n’admettront jamais pour un pays africain. Espérons que cette rencontre, si elle aura lieu, sera minutieusement préparée, avec des idées très claires et pointues sur des sujets innovants et non sur ce que les services secrets américains maîtrisent déjà.

Le contexte actuel de ce qui se passe à l’Est de la République démocratique du Congo et soutenu par certaines puissances occidentales, semble ne pas étancher la soif du Rwanda sur l’exploitation des minerais du Congo, une exploitation devenue un commerce naturel avec ses partenaires internationaux.

Pour arrêter cette hémorragie interminable afin d’espérer une victoire certaine sur l’ennemi, il est impératif que la chaîne de commandement de l’armée nationale réponde aux exigences tactiques d’une guerre et s’il le faut, un changement de tout le commandement s’avérerait obligatoire. Le procès en cours pour abandon des troupes et du matériels prouve à suffisance combien la ligne de front est prise avec laxisme.

En termes clairs, le Lieutenant-Général BANZA ne mérite pas de commander l’Etat-Major Général des FARDC.

L’on apprend que les dés convergent vers le Général MUNENE. Non, cette politique de nommer des gens à cause de leur passé élogieux soit-il, n’est pas à encourager. Ces gens ont fait leur temps et sont fatigués. Ils peuvent être là juste pour la consultation et non pour des postes de commandement.

Les officiers issus des conflits et dont le grade de recrutement est directement Général de Brigade ou Général-major, leur cas doit être revu au peigne fin. Écoutez leurs noms : Général Pitchen, Général Ricochet, Général Marco… ! Seulement par le nom, le sérieux n’est pas au rendez-vous. Dans cette majorité, personne n’a fait l’école de guerre.  …! Il y a un souci.

Une opinion.

print

Partagez

RELATED ARTICLES

Most Popular

Recent Comments

jules Otshudi LOHANDJOLA candidat à l'élection présidentielle en R.D.C sur RDC : Le Comité Laïc de Coordination organise une messe des suffrages en mémoire des victimes du 31 décembre 2017
jules Otshudi LOHANDJOLA candidat à l'élection présidentielle en R.D.C sur Culte d’action de grâce en mémoire de Laurent-Désiré Kabila : Une leçon de bonne gouvernance
jules Otshudi LOHANDJOLA candidat à l'élection présidentielle en R.D.C sur Bruxelles : Face à la diaspora congolaise, Félix Tshisekedi en appelle à «une large mobilisation»