Le décès tragique le weekend dernier du Brigadier de 1ère Classe Kabeya Senda Fiston affecté à la police de circulation routière dans la ville de Kinshasa, a donné lieu aux spéculations en tous genres. Le comble, cet evenement malheureux survenu avec le service de cortège officiel de la Primature est aujourd’hui utilisé contre la personne de la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement Madame Judith Suminwa Tuluka.
Bien qu’après avoir laisser passer trop de temps, la Cellule de Communication de la Primature a fini par réagir : « Le Cabinet de la première Ministre, Cheffe du Gouvernement, porte à la connaissance de l’opinion publique qu’il a appris avec grand émoi le décès du Brigadier de Première Classe Kabeya Senda Fiston de la Police Nationale Congolaise, affecte à la Police de Circulation Routière. Son Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, exprime son profond regret à la suite de la disparition d’un homme dévoué à servir notre pays et adresse ses sincères condoléances à la famille biologique du disparu, ainsi qu’à l’ensemble du corps de la Police Nationale Congolaise. La population est appelé à ne pas prêter foi à la manipulation et à la spéculation autour du regrettable décès du Brigadier Kabeya Senda Fiston, en attendant l’issue de la procédure judiciaire » peut-on lire dans un document daté du 1er avril 2025.
Des responsabilités pour Judith Suminwa
Aussitôt informée de l’incident malheureux occasionné par son service d’escorte alors qu’elle n’était pas présente sur le lieu, Judith Suminwa a-t-elle pris la courageuse et grave décision de congédier l’ensemble de l’équipe sécuritaire. Le major responsable du jour bien connu, et le reste de l’équipe impliqués sont-ils aujourd’hui entendu par la justice afin de donner tous les éclaircissements possibles dans cette affaire.
Il ne faut pas se voiler la face que toutes ces personnes qui aspirent à remplacer la Première Ministre cherchent à instrumentaliser un incident tragique qu’elle n’aurait connu quatre jours plus tard, les faits s’étant déroulés mardi 25 mars 2025 au soir. « Le policier Kabeya avait été remis à l’auditorat militaire ce même jour, avant de décéder samedi 29 mars, jour où elle a été informée de ce qui s’était passé » selon un témoin qui a voulu garder l’anonymat. Dans l’entretemps, que s’est-il passé pour le décès intervienne plusieurs jours après ; autant d’interrogations auxquelles la justice militaire devrait répondre afin d’éclairer l’opinion.
Oui la politique n’a pas de morale que des intérêts dit-on, mais pousser la malhonnêteté jusqu’à utiliser la mort d’un homme pour attaquer une rivale politique reste indécent de la part de ceux qui s’y prennent. Un conseil peut-être à la Première ministre, « ne protégez personne ; que chacun réponde de ses actes et au vue de la gravité de cet acte odieux, exigez l’ouverture d’un procès public, pour que cela serve d’exemple à tous ».
Ce « poison » de la désinformation
Le comble dans cette affaire aux ramifications jusqu’à l’étranger réside dans la manipulation de l’opinion avec ce « poison » de la désinformation. La vidéo partagée massivement sur les réseaux sociaux sensée montrer l’escorte de la Première ministre en train de molester un policier à Kinshasa est fausse, l’objectif poursuivi étant l’affaiblissement du gouvernement dans un contexte de tensions régionales.
En réalité, cette séquence qui daterait de 2016, montre des policiers anti-émeute frappant un manifestant, et non un quelconque incident impliquant l’escorte de la Première ministre ; donc aucun rapport avéré avec Judith Suminwa, dont le mandat n’a débuté qu’après sa nomination le 1er avril 2024 , trois mois après le début du second mandat de Félix Tshisekedi.
Détournée, les métadonnées de la dite vidéo ont été effacées après plusieurs enregistrements successifs (3 à 4 altérations détectées), selon une analyse d’experts en nouvelles technologies contactées par nos confrères de l’Agence Congolaise de Presse (ACP). Sa propagation suspecte sur les réseaux sociaux ayant pour les premiers foyers de diffusion massive Kigali et Kampala, selon des analyses récoltées de trafic en ligne par les experts. Elle a également fait l’objet d’une forte circulation dans des villes congolaises sous occupation rwandaise (Goma, Bukavu), dans un contexte de crise sécuritaire.
Dans un contexte politique plus que sensible, un autre objectif de cette désinformation serait de saper la crédibilité et d’altérer l’image de marque de la Première Ministre. Certes Judith Suminwa assume la « responsabilité morale » en tant que Cheffe du Gouvernement, mais les attaques personnelles infondées contre sa personne illustrent bien ce « climat délétère » qui règne jusqu’au sein des institutions de l’Etat alors que le pays est attaqué par les ennemis rwandais et leurs complices traitres congolais. « Otes toi de là afin que je m’y mettes » alors qu’un gouvernement d’union nationale est attendue se murmurent ceux qui se positionnent déjà dans l’ombre.
La part de la Police Nationale Congolaise
Du reste, bien avant la Primature ; c’était pourtant déjà la Direction du Service d’Information et de Communication de la PNC, dans son communiqué de presse du 30 mars 2025 qui disait vouloir fixer « l’opinion par rapport aux informations en circulation sur les réseaux sociaux faisant état du décès du Brigadier de 1ère Classe Kabeya Senda Fiston de la Police de Circulation Routière, Ville de Kinshasa. Les circonstances de la mort n’étant pas encore élucidées, la PNC appelle la population à ne pas céder à la manipulation et à la désinformation. Car, la Justice militaire est déjà saisie de ce dossier et les enquêtes sont encours pour identifier et appréhender les auteurs de cet acte odieux afin de leur faire subir la rigueur de la loi ».
Donnant son opinion en forme d’avis sur ce fait de société, un congolais ;Dominique Xavio Tshimanga écrit ceci sur Facebook : « Judith Suminwa et la mort accidentel de l’agent de la police spéciale de roulage
Beaucoup à dire mais j’aimerais juste souligner quelque chose d’important. Des questions qui peuvent soulever des profondes contradictions. Sans vouloir défendre la première ministre que je ne connais que de nom, ou cracher sur le décès du policier non plus, je crois qu’il est important que plusieurs personnes comprennent ou aient beaucoup d’informations sur le fonctionnement des escortes commises à la protection des institutions, des personnalités politiques et des membres du gouvernement. Ces agents sont des fonctionnaires de l’État et de ce fait appartiennent à tout un service public structuré. Lorsqu’ils sont commis à la sécurité d’un VIP, ils ont un commandement strictement dépendant d’un officier qui ordonne toutes les opérations ou actions qu’ils peuvent mener pour assurer efficacement la personne qu’ils protègent.
La première observation serait de savoir si le convoi de la première ministre roulait sur une voie autorisée et avait-il des éclaireurs car si tel était le cas, l’agent défunt KABEYA SENDA devait, dans l’exercice de son métier, avoir reçu des instructions et des consignes sur la manière de gérer la circulation tenant compte des passages des autorités mieux identifiables et remarquables à leurs passages. La deuxième observation est que, seul l’officier en chef est le seul à apprécier une situation, l’évaluer et trouver l’action à mener de manière efficace et proportionnée. Il faut aussi noter que, selon la déontologie de ce métier. La personne protégée ne peut pas interférer au risque d’empêcher ses protecteurs de faire correctement leur travail.
Fort malheureusement, un autre son de cloche est que, ces mêmes agents en font de trop, compte tenu de la familiarité créée entre eux et la personne protégée, qu’ils appellent parfois Vieux, mère etc. Surtout s’ils sont habitués à toucher quelques billets en guise de récompense en fin de journée, alors qu’ils ont un salaire officiel et sont juste en affectation. De ce point de vue, ils sont possédés et obsédés par un excès de zèle qui peut les conduire aux forfaits.
À mon avis et selon les règles de l’art de ce métier de garde rapprochée, les agents commis à la sécurité de la première ministre doivent répondre de leur forfait devant la justice même si l’ordre pouvait être venu de Mme Judith qui n’assure pas sa propre sécurité. Une règle dans l’armée ou dans police est mieux connue : Un ordre mal donnée ne s’exécute pas. Ces agents devaient rester professionnels.
Je sais qu’une telle analyse soulèverait beaucoup de questions, mais le professionnalisme des unités de protection doit demeurer une exigence et non une complaisance. Oui, il y a eu mort d’homme ».
Un dossier à suivre…
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