vendredi, avril 4, 2025
AccueilOugandaUn « vrai » émissaire américain à Kinshasa et dans les Grands Lacs

Un « vrai » émissaire américain à Kinshasa et dans les Grands Lacs [Officiel]

Après l’imposture du Dr Ronny Jackson en mars 2025, élu républicain de l’État du Texas à la Chambre des Représentants et ancien médecin de Donald Trump ; c’est aujourd’hui officiel qu’un « vrai » envoyé spécial du président américain est arrivé officiellement mercredi 02 avril 2025 au soir à Kinshasa.

Lui c’est Massad Boulos, le tout nouveau conseiller principal pour l’Afrique de la Maison Blanche. Dans sa tournée, il se rendra aussi au Rwanda, au Kenya et en Ouganda. A l’étape de Kinshasa, Il doit rencontrer le président Félix Tshisekedi. Pour cette première tournée en Afrique en commençant par Kinshasa n’est pas un choix anodin, Massad Boulos est accompagné de la Sous-secrétaire d’État américaine, Corina Sanders.

À lire aussi : Ronny Jackson : Entre « imposture, propos inexactes et insultants » vis-à-vis de la RDC https://www.afriwave.com/2025/03/27/ronny-jackson-entre-imposture-propos-inexactes-et-insultants-vis-a-vis-de-la-rdc/

La situation à l’Est sera au cœur de l’entretien que le chef de l’État doit accorder aux deux représentants américains. Ils rencontreront « des chefs d’État et des chefs d’entreprise pour faire avancer les efforts en vue d’une paix durable » dans l’Est de la RDC. Un autre but étant de « promouvoir les investissements du secteur privé américain dans la région » comme on peut le lire dans le communiqué du Département d’État américain. 

Déjà conseiller de Donald Trump pour les pays arabes, Massad Boulos, un Américain d’origine libanaise dont le fils Michael Boulos est marié en 2022 à la fille de Donald Trump, Tiffany, a été nommé à un nouveau rôle de conseiller pour l’Afrique. Derrière cette nomination, se dessine la stratégie d’un président qui mise sur la loyauté et les réseaux familiaux pour mener sa politique étrangère, quitte à faire fi de l’expérience diplomatique.

Le 30 novembre 2024 dernier, Donald Trump nommait également Charles Kushner, le père de son autre gendre Jared Kushner, marié à Ivanka Trump, comme ambassadeur des États-Unis en France. Un choix atypique pour des fonctions de diplomate : Charles Kushner a passé un an dans une prison fédérale pour des malversations fiscales, avant d’être gracié par Donald Trump vers la fin de son premier mandat à la Maison Blanche.

Business et sécurité. Il sera aussi question de business, « Il faut notamment évoquer le corridor de Lobito ». Ce projet porté par l’ancienne administration Biden qui prévoit la construction d’une ligne ferroviaire pour relier la Zambie à l’Atlantique via la RDC et l’Angola afin d’exporter les ressources minières, un projet qui ne peut fonctionner qu’avec la sécurité. Washington avait même proposé d’étendre le couloir de Lobito à l’est de la RDC, comme « incitation » à un accord de paix

À quelques jours du départ de Joe Biden de la Maison Blanche, la Secrétaire d’État adjointe chargée des Affaires africaines, Molly Phee ; s’était exprimée dans les médias, notamment en revenant sur le futur corridor ferroviaire de Lobito. Washington souhaitait l’étendre jusqu’à l’Est de la RDC en tant qu’incitation à un accord de paix : « Nous pouvions travailler au développement d’un embranchement du couloir de Lobito si nous parvenions à stabiliser l’Est de la RDC. Un cadre bien négocié par les parties existe. Il était sur la bonne voie. Le Rwanda a fait marche arrière », regrettait Molly Phee ; rappelant que le président rwandais, Paul Kagame, ne s’était pas rendu au sommet de Luanda, le 18 décembre 2024, et depuis, le Rwanda et le M23 ont gagné du terrain, éloignant encore davantage la perspective d’une paix durable dans l’Est de la RDC.

Comme on le sait, depuis plusieurs semaines ; des discussions existent entre les États-Unis et la RDC pour des partenariats en vue de l’exploitation des minerais congolais dont une partie se trouve dans les territoires contrôlés et occupés par le M23. L’administration Trump s’intéressant de près à ce conflit, elle a déjà pris des sanctions contre des responsables rwandais et congolais de l’Alliance du Fleuve Congo/M23. Les États-Unis pourraient apporter une aide à la sécurité en échange d’une facilité d’accès aux minerais rares qui se trouvent dans le pays. L’on pense que le Président Félix Tshisekedi pourrait se rendre à Washington dans les jours à venir.

À lire aussi : « Corridor de Lobito » : Félix Tshisekedi en Angola pour rencontrer Joe Biden https://www.afriwave.com/2024/12/04/corridor-de-lobito-felix-tshisekedi-en-angola-pour-rencontrer-joe-biden/

Sous la présidence Biden, des discussions étaient en cours entre la RDC et les États-Unis sur un « accord minier » avant d’être réactivées sous l’actuelle Donald Trump. Le département d’État américain l’avait évoqué avant que le Chef de l’Etat congolais n’en donne des détails sur cette initiative dans deux interviews accordées au journal français Le Figaro en France et à la chaine de télévision américaine Fox News aux États-Unis.

 « Les ressources minières de la RDC sont importantes pour les Américains. Les entreprises de la Silicon Valley savent de quoi je parle, déclare-t-il. Une référence bien sûr à ces minerais dits du futur utilisé dans les nouvelles technologies : coltan, cobalt et lithium notamment » comme le détaillait sur Fox News Félix Tshisekedi.

Contrairement aux accusations de ses opposants, Félix Tshisekedi évoque un partenariat « gagnant-gagnant » comme l’a été la revisitation l’accord minier avec la Chine l’année dernière. L’objectif visé avec les américains étant « la création d’une chaine de valeur ajoutée avec la transformation des minerais ici en RDC » expliquait il. Autre accusation bottée en touche par Tshisekedi c’est « de ne pas vouloir brader les ressources de son pays » en soulignant qu’il ne s’agirait pas des « accords à la va-vite pour, comme je l’ai entendu, pour sauver le régime ».

Si l’on ne connait pas plus de détail sur une éventuelle contrepartie américaine, Tshisekedi avait au moins évoqué des moyens de pression ou des sanctions que les États-Unis peuvent faire peser sur le Rwanda. Est-ce que cette aide pourrait aller jusqu’à un soutien militaire sur le terrain ? « Toutes les options qui amènent vers la paix sont possibles », disait une source de la présidence congolaise.

Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi pour afriwave.com

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